Le mois de mars est toujours synonyme de déprime dans ma petite vie. Mais cette année, je crois que c'est le comble. A tel point que j'ai parfais l'impression de retrouver mon amie la depréssion.
Qu'il est joli, ce mot. Trois syllabes dé-pre-ssion. Qu'il est moche ce sentiment. L'impression qu'on ne sera plus jamais heureux puisque plus rien de joyeux ne peut nous toucher.
Par ou je commence?
J'aurais trente ans à la fin du mois. J'ai l'impression que ma vie n'a pas évolué depuis six ou sept ans. De n'avoir rien "achieved", réalisé. Il me tarde d'avoir ma maison à moi, et mes enfants à moi aussi.
Avouons le, c'est celà qui me tracasse surtout. J'ai toujours pensé que j'aurais des enfants super tot et résultat... Chou n'est pas prêt,l'un comme l'autre n'avait aucune sécurité dans notre boulot. Ca refroidit.
Et j'ai l'impression qu'arrivé à un certain âge, t'es rien si t'es une femme sans enfant. Elles se rendent compte, mes amies maman, à quel point elles retournent le couteau dans la plaie sans cesse? Les discussions tournent toujours autour de leurs enfants et de leurs coliques, les status facebook nous donnent le nombre de couches changées pendant la nuit et il y a toujours ce commentaire qui revient, si bien sous-entendu "tu peux pas comprendre. Tu verras quand t'auras des enfants." Jamais elles se disent que j'aimerais déjà en avoir? Qu'elles font plus de bien que de mal? Et surtout, elles ne se souviennent pas qu'elles aussi, ont vécu sans enfant et ce pendant quelques années quand meme.
La question des enfants n'est pas prête de s'arranger puisque, la vie, pour me souhaiter un bon anniversaire et être sure que je n'oublie pas mes trente ans a décidé de me faire gouter aux joies de l'angoisse du chomage. Je pensais etre à l'abri, dans mon petit centre de formation, à former des chomeurs. Mais non! Le gouvernement dit qu'il mise tout sur la formation et il réduit les financements.
Ma responsable répond à l'appel d'offre en ce moment et nous a prévenu, histoire de partager son stress, qu'au mieux, nous aurions la moitié des heures que nous avons cette année.
Autant nous dire de chercher tout de suite un autre boulot, ça sera plus simple. Nous sommes 30 formateurs en anglais et depuis cette année, on se bat pour avoir des cours. Sachant que cinq d'entre nous sont des statutaires et sont à l'abri, on peut penser légitimement que notre responsable gardera uniquement les natifs pour les aider. Certains disent 'je suis là depuis trop longtemps'. Mais tu peux avoir de l'ancienneté, ce n'est pas ça qui compte, du moins je ne crois pas.
Je me demande quel boulot je pourrais retrouver. Je n'ai aucune envie d'attendre que mes collégues soient eux aussi sur le marché de l'emploi pour penser à un autre boulot. Et j'en reviens toujours aux mêmes questions: je persévere dans la formation, tout en sachant que j'aurais toujours un status précaire? Je cherche un mi-temps pour compléter mes heures à l'IUT (si l'iut me garde, of course!)? Ou bien, je me reconvertis complétement? Mais qu'est ce qu'on peut trouver comme boulot quand on a pour seul atout de parler anglais couramment?
Je me dis souvent que je devrais suivre une formation de secrétaire bilingue mais ce secteur là est bouché, lui aussi.
Un jour, je finirais caissiére à carrefour. Life's sucks!
alot of talk no
Il y a 11 ans



